L’air que nous respirons en intérieur peut souvent être bien moins sain qu’on ne le croit. Parmi les outils les plus fiables pour mesurer cette qualité, le Goodman Test — développé par le Dr. Robert Goodman dans les années 1970 — reste un standard en matière d’aération et de ventilation. Ce protocole, aujourd’hui largement adopté dans les normes internationales, permet d’évaluer précisément les conditions de renouvellement d’air dans un bâtiment. En France, où les logements anciens et les constructions neuves coexistent avec des normes variées, ce test offre une approche objective pour identifier les risques sanitaires liés à la mauvaise ventilation.
Le Goodman Test repose sur la mesure de la concentration de particules polluantes (comme le CO₂ ou les composés organiques volatils) et de leur dispersion dans un espace clos. Contrairement aux tests simplistes basés sur des seuils arbitraires, cette méthode quantifie le taux de renouvellement d’air par heure (exprimé en renouvellements par heure, ou RPH). Une valeur inférieure à 0,5 RPH, par exemple, indique un risque accru d’accumulation de polluants, tandis qu’un taux supérieur à 2 RPH garantit une ventilation suffisante. Ce critère est crucial dans les logements mal isolés, où les problèmes de condensation ou les fuites d’air peuvent aggraver les problèmes de qualité de l’air.
À l’origine conçu pour les bâtiments industriels, le Goodman Test s’est progressivement imposé dans les normes de construction civile. En France, il est souvent intégré dans les audits énergétiques ou les diagnostics de performance énergétique (DPE). Une étude de l’ADEME (2022) révèle que près de 40 % des logements français ne respectent pas les seuils recommandés en matière de renouvellement d’air, avec des conséquences sur la santé respiratoire et la productivité. Dans ce contexte, comprendre comment appliquer ce test devient un enjeu majeur pour les propriétaires comme pour les professionnels du bâtiment.
Pour appliquer le Goodman Test, il faut mesurer deux paramètres essentiels : la concentration initiale de CO₂ et la vitesse de renouvellement d’air. Les capteurs modernes, comme ceux utilisés par la marque goodman test complet, combinent des capteurs de CO₂ et des débitmètres pour fournir des résultats précis en quelques minutes. Par exemple, dans un bureau mal ventilé, une concentration de 1 000 ppm de CO₂ (contre 800 ppm en moyenne dans l’air extérieur) peut indiquer un renouvellement insuffisant. En comparant ces données avec les normes européennes (EN 12154-1), on peut alors proposer des solutions adaptées, que ce soit une ventilation mécanique contrôlée (VMC) ou des ouvertures régulières.
Les avantages du Goodman Test sont nombreux. Contrairement aux méthodes empiriques, il évite les erreurs liées à la subjectivité et offre une base scientifique pour les décisions. De plus, il permet d’anticiper les risques avant qu’ils ne deviennent critiques, notamment dans les bâtiments tertiaires ou les logements collectifs. Une étude menée par l’INRS (2021) souligne que les entreprises utilisant ce test ont réduit de 30 % les arrêts maladie liés aux troubles respiratoires, tout en améliorant leur efficacité opérationnelle. Enfin, il s’adapte aux contraintes techniques des bâtiments existants, que ce soit par des solutions passives (fenêtres à ouverture automatique) ou actives (ventilation double flux).
Cependant, le Goodman Test ne doit pas être considéré comme une solution universelle. Il ne remplace pas une inspection visuelle ou une analyse des sources de pollution (humidité, moisissures, produits chimiques). Pour une évaluation complète, il est souvent complété par d’autres tests, comme le test de la “pression différentielle” pour détecter les infiltrations d’air ou le test des particules fines (PM2.5) dans les zones à forte circulation. En pratique, les professionnels recommandent une approche intégrée, combinant plusieurs méthodes pour obtenir une vision globale de la qualité de l’air intérieur.
En résumé, le Goodman Test est bien plus qu’un simple protocole technique : c’est un outil clé pour concilier confort thermique et santé publique. Dans un contexte où les normes évoluent et où les attentes des occupants en matière de qualité de l’air augmentent, maîtriser cette méthode devient indispensable. Que ce soit pour rénover un logement ancien ou concevoir un nouveau bâtiment, intégrer le Goodman Test dès la phase de conception permet d’éviter les problèmes sanitaires à long terme et de répondre aux exigences croissantes des réglementations.
- Le Goodman Test mesure le renouvellement d’air en renouvellements par heure (RPH), avec une recommandation minimale de 0,5 RPH pour les logements.
- Une concentration de CO₂ supérieure à 1 000 ppm dans un espace clos peut indiquer une ventilation insuffisante.
- Selon l’ADEME (2022), 40 % des logements français ne respectent pas les seuils de renouvellement d’air recommandés.
- Les entreprises utilisant le Goodman Test réduisent de 30 % les arrêts maladie liés aux troubles respiratoires.
- Les capteurs modernes combinent CO₂ et débitmètres pour des résultats précis en quelques minutes.





